rencontre dans rome

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Page d’un petit carnet-lettre d’Andrea Indellicati à Leo et Isaline Panchaud, 1984.

…Ieri mattina, mentre da solo ero chiuso in galleria a dare gli ultimi ritocchi a [la mostra] « Flowers… », nel riflesso dei vetri mi è tornato il ricordo della mia prima mostra importante, qui a Taranto, ormai tanti anni fa. Leo e Arnold vennero a trovarmi in quell’occasione e fu una sorpresa bellissima e inaspettata. Era, quella mostra, a differenza di quest’ultima, allestita in uno spazio molto grande. Valerio Dehò le aveva dato come titolo « Ontologica »: infatti erano esposti i tre filoni del mio lavoro, con i manifesti 70×100, dei grandi quadri informali, un ciclo di sculture costruite in assemblaggi. Leo stette a lungo a guardare, come solo lui sapeva fare, andando a cercare segreti in quelle opere che nemmeno io avrei scoperto, se lui non me li avesse svelati, proponendomi di fatto sviluppi e possibili orizzonti successivi.

Una sera di fine dicembre, molti anni prima, tornando stanco e solo da un lavoro cui ero un po’ molto costretto, Leo mi era apparso dietro i vetri di una cabina del telefono in piazza Indipendenza, a Roma: da quanto tempo non ci vedevamo, da quanto nessuno dei due sapeva niente dell’altro, in quali parti diverse del mondo ci immaginavamo? In prospettiva, per me, feste lontano da casa, in attesa che la tipografia romana riaprisse. Invece apparve, Leo, come un angelo salvifico. Ho trascorso insieme con lui ed i suoi amici, le sue amiche, uno dei più festosi e caldi trentundicembre che mi ricordi, tra spassionate ed improvvisate letture della linea delle mani e ricerca dell’ultim’ora per un’ananas, tra le strade ormai quasi deserte di una Roma in attesa della mezzanotte.  Forse Laura se ne ricorda ancora anche lei, e te ne potrebbe ancora raccontare. Ce ne potremo di nuovo raccontare, quando verrete da queste parti e ancora ci incontreremo, come Leo avrebbe voluto. Aspetto che arrivi il film di Angiola: intanto cercherò altre coincidenze tra le parole e le musiche che gli avete dedicato, e il mio ricordo di lui, per quanto ancora mi sembri inverosimile non poter incontrarci ora e qui.

…Hier matin, alors que j’étais seul dans la galerie à faire les dernières retouches à [l'exposition] « Flowers. », dans le reflet des vitres m’est revenu le souvenir de ma première exposition importante, ici, à Taranto, il y a de cela tant d’années. Leo et Arnold étaient venus exprès me voir pour cette occasion et ce fut une surprise magnifique et inattendue. À la différence de celle-ci, cette exposition était organisée dans un lieu très spacieux. Valerio Dehò lui avait donné comme titre « Ontologie » : en effet, les travaux qui allaient être exposés s’apparentaient à trois directions : il y avait de grandes affiches de 70 x 100 cm, de grands tableaux informels, et une série de sculptures construites à partir d’assemblages. Leo resta un long moment à regarder, comme seul lui savait le faire, allant chercher dans ces œuvres des secrets que moi-même je n’aurai pas su y découvrir s’il ne me les avait révélés, me proposant ainsi des développements possibles et des horizons à explorer.

Plusieurs années avant, un soir, fin décembre, alors que je rentrai fatigué d’un travail auquel j’étais un peu contraint, Leo m’est apparu derrière la vitre d’une cabine téléphonique, piazza Indipendenza à Rome : depuis combien de temps nous ne nous étions pas vus, depuis combien de temps l’un ne savait rien de l’autre, dans quelles parties du monde pouvait être l’un, imaginait l’autre ? Ma perspective était celle des fêtes de fin d’année loin de ma famille en attendant que l’imprimerie romaine rouvre. Au lieu de cela, Leo apparaît, comme un ange salvateur. J’ai passé, avec lui et avec ses amis et amies un des plus joyeux et chaleureux 31 décembre dont je me souvienne, entre les lectures impartiales et improvisées des lignes de la main et la recherche de dernière minute d’un ananas, dans les rues désormais désertes d’une Rome en attente de minuit. Peut-être Laura aussi s’en rappelle-t-elle ? Et je pourrai encore t’en raconter…
Nous pourrons à nouveau évoquer ces souvenirs, quand vous viendrez dans ces contrées et que nous nous rencontrerons à nouveau, comme Leo l’aurait souhaité. J’attends qu’arrive le film d’Angiola. En attendant, je chercherai d’autres correspondances entre les paroles et les musiques que vous avez dédiées à Leo et mon souvenir de lui, pour autant qu’il me semble encore invraisemblable que nous ne puissions plus nous rencontrer ici et maintenant.