Archives pour la catégorie Amis

remerciements

Entre l’idée du site et sa réalisation, il y a non seulement eu Penelope qui lui a donné la forme qu’il a aujourd’hui. Mais il y a eu aussi les amis de Leo qui, grâce à leur générosité, ont permis que ce joli travail soit rémunéré à sa juste valeur. Que ces amis soient ici chaleureusement remerciés.
Jacques Fillion, Mario Monteforte, Stefano Petrella, Livia Scheller, Arnold Schmidt, Maurice Toutevoix.

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carissimo leo…

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Assemblage fait par V. à partir des cartes et mots reçus de Leo tout au long de leur amitié.

Leo,
Tu étais né le 18 octobre 1947, deux mois avant la promulgation de la constitution qui avait donné naissance à la première République italienne. Et moi en 1951, obtenant le droit de vote (avec toutes les femmes suisses) en 1971 l’année de ma majorité.
Nous nous étions rencontrés (en 1978 il me semble) dans une cuisine, à Pully, un matin, alors que je me réveillais tout juste. Cette cuisine, tu étais venu la repeindre avec Isaline pour gagner un peu d’argent lors de l’un de vos séjours en Suisse ; c’était celle de Claude Champion.
De loin, j’aimais ta manière lente et subtile de choisir les couleurs exactes que tu voulais utiliser. J’aimais ton exigence impérative à vouloir donner de la beauté à cette pièce vieillotte et sans grand attrait.
Plus tard, avec Claude, nous vous avions rendu
visite à Rome, au retour d’un long périple chaotique qui nous avait conduit en Crète, puis en Grèce, puis en Calabre ton pays d’origine.
Rome, cette ville que j’aimais tant depuis l’enfance, et dans laquelle j’avais un peu travaillé très jeune, ainsi que le cinéma et les cinéastes que nous aimions nous avaient immédiatement rapprochés.
Et puis un jour vous avez déboulé à Lausanne (quand, au fait?)… et moi je suis partie à Londres.
Pendant ces années nous nous sommes croisés ici ou là ; les conversations téléphoniques étaient longues mais très rares ; le courrier postal par contre un plaisir toujours renouvelé.

La proposition de Cléo m’enthousiasme et me bouleverse tout à la fois. Le site qu’elle te dédie te plairait sans aucun doute.
Mais comment parler de cette histoire ? lire la suite…

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rencontre dans rome

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Page d’un petit carnet-lettre d’Andrea Indellicati à Leo et Isaline Panchaud, 1984.

…Ieri mattina, mentre da solo ero chiuso in galleria a dare gli ultimi ritocchi a [la mostra] « Flowers… », nel riflesso dei vetri mi è tornato il ricordo della mia prima mostra importante, qui a Taranto, ormai tanti anni fa. Leo e Arnold vennero a trovarmi in quell’occasione e fu una sorpresa bellissima e inaspettata. Era, quella mostra, a differenza di quest’ultima, allestita in uno spazio molto grande. Valerio Dehò le aveva dato come titolo « Ontologica »: infatti erano esposti i tre filoni del mio lavoro, con i manifesti 70×100, dei grandi quadri informali, un ciclo di sculture costruite in assemblaggi. Leo stette a lungo a guardare, come solo lui sapeva fare, andando a cercare segreti in quelle opere che nemmeno io avrei scoperto, se lui non me li avesse svelati, proponendomi di fatto sviluppi e possibili orizzonti successivi.

Una sera di fine dicembre, molti anni prima, tornando stanco e solo da un lavoro cui ero un po’ molto costretto, Leo mi era apparso dietro i vetri di una cabina del telefono in piazza Indipendenza, a Roma: da quanto tempo non ci vedevamo, da quanto nessuno dei due sapeva niente dell’altro, in quali parti diverse del mondo ci immaginavamo? In prospettiva, per me, feste lontano da casa, in attesa che la tipografia romana riaprisse. Invece apparve, Leo, come un angelo salvifico. Ho trascorso insieme con lui ed i suoi amici, le sue amiche, uno dei più festosi e caldi trentundicembre che mi ricordi, tra spassionate ed improvvisate letture della linea delle mani e ricerca dell’ultim’ora per un’ananas, tra le strade ormai quasi deserte di una Roma in attesa della mezzanotte.  Forse Laura se ne ricorda ancora anche lei, e te ne potrebbe ancora raccontare. Ce ne potremo di nuovo raccontare, quando verrete da queste parti e ancora ci incontreremo, come Leo avrebbe voluto. Aspetto che arrivi il film di Angiola: intanto cercherò altre coincidenze tra le parole e le musiche che gli avete dedicato, e il mio ricordo di lui, per quanto ancora mi sembri inverosimile non poter incontrarci ora e qui.

…Hier matin, alors que j’étais seul dans la galerie à faire les dernières retouches à [l'exposition] « Flowers. », dans le reflet des vitres m’est revenu le souvenir de ma première exposition importante, ici, à Taranto, il y a de cela tant d’années. Leo et Arnold étaient venus exprès me voir pour cette occasion et ce fut une surprise magnifique et inattendue. À la différence de celle-ci, cette exposition était organisée dans un lieu très spacieux. Valerio Dehò lui avait donné comme titre « Ontologie » : en effet, les travaux qui allaient être exposés s’apparentaient à trois directions : il y avait de grandes affiches de 70 x 100 cm, de grands tableaux informels, et une série de sculptures construites à partir d’assemblages. Leo resta un long moment à regarder, comme seul lui savait le faire, allant chercher dans ces œuvres des secrets que moi-même je n’aurai pas su y découvrir s’il ne me les avait révélés, me proposant ainsi des développements possibles et des horizons à explorer.

Plusieurs années avant, un soir, fin décembre, alors que je rentrai fatigué d’un travail auquel j’étais un peu contraint, Leo m’est apparu derrière la vitre d’une cabine téléphonique, piazza Indipendenza à Rome : depuis combien de temps nous ne nous étions pas vus, depuis combien de temps l’un ne savait rien de l’autre, dans quelles parties du monde pouvait être l’un, imaginait l’autre ? Ma perspective était celle des fêtes de fin d’année loin de ma famille en attendant que l’imprimerie romaine rouvre. Au lieu de cela, Leo apparaît, comme un ange salvateur. J’ai passé, avec lui et avec ses amis et amies un des plus joyeux et chaleureux 31 décembre dont je me souvienne, entre les lectures impartiales et improvisées des lignes de la main et la recherche de dernière minute d’un ananas, dans les rues désormais désertes d’une Rome en attente de minuit. Peut-être Laura aussi s’en rappelle-t-elle ? Et je pourrai encore t’en raconter…
Nous pourrons à nouveau évoquer ces souvenirs, quand vous viendrez dans ces contrées et que nous nous rencontrerons à nouveau, comme Leo l’aurait souhaité. J’attends qu’arrive le film d’Angiola. En attendant, je chercherai d’autres correspondances entre les paroles et les musiques que vous avez dédiées à Leo et mon souvenir de lui, pour autant qu’il me semble encore invraisemblable que nous ne puissions plus nous rencontrer ici et maintenant.

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histoire d’une vie

Leo avait été frappé par l’histoire qui suit. Il l’avait envoyée dans ses mails à plusieurs de ses amis. La voici :

Alan_TuringAlan Mathison Turing (Londres, 23 juin 1912 – Wimslow 7 juin 1954)
Alan M. Turing a été considéré comme l’un des pères de l’informatique et l’un des plus grands mathématiciens du 20e siècle. Durant la Deuxième Guerre mondiale, Turing a mis ses compétences au service du Department of Communication anglais pour déchiffrer les codes utilisés dans les communications allemandes, criptées grâce à un système appelé Enigma.
Après quelques années passées aux États-Unis où il a continué à travailler dans le domaine de la logique mathématique, il est rentré en Angleterre, à Cambridge, en 1948. Ses intérêts se déplacèrent alors vers la neurologie et la physiologie. Ce fut à ce moment-là qu’il commença à explorer la relation entre l’ordinateur et la nature.
Le 31 mars 1952, il fut arrêté pour homosexualité et traduit en justice. Pour sa défense, il dit qu’« il ne voyait rien de mal dans ses actes ». La peine infligée fut extrêmement sévère : il fut soumis à la castration chimique, ce qui, non seulement le rendit impuissant mais eut également pour effet la croissance de ses seins.
En 1954, Alan Turing mit fin à ses jours en mangeant une pomme dans laquelle il avait injecté du cyanure de potassium.
Apple dément que son logo, la pomme avec une marque de morsure, ait quelque rapport que ce soit avec cette histoire!
Le 23 décembre 2013, la reine Elisabeth II, sur proposition du secrétaire d’État à la Justice, Chris Grayling, gracie Alan M. Turing en signant une prérogative royale de clémence. Grayling déclare que sa condamnation serait considérée aujourd’hui « comme injuste et discriminatoire » et salue « son génie [qui] a contribué à sauver des milliers des vies ».

rayuresAlan Mathison Turing (Londres, 23 giugno 1912 – Wimslow 7 giugno 1954)
Alan M. Turing è stato un matematico, logico, e è considerato uno dei padri dell’informatica e uno dei più grandi matematici del 20° secolo. Durante la seconda guerra mondiale, Turing mise le sue capacità matematiche al servizio del Department of Communication inglese per decifrare i codici usati nelle communicazioni tedesche, criptate tramite il cosidetto sistema Enigma. Dopo alcuni anni passati negli USA, sempre lavorando nel campo della logica metematica, nel 1948 tornò a Cambrdige e spostò i suoi interessi verso la neurologia e la fisiologia. Fu in questo periodo che iniziò a esplorare la relazione tra i computer e la natura.
Il 31 marzo del 1952 fu arrestato per omosessualità e condotto in giudizio, dove a sua difesa disse semplicemente che « …non scorgeva niente di male nelle sue azioni ». La pena inflitta fu severissima : fu sottoposto alla castrazione chimica, che lo rese impotente e gli causò lo sviluppo del seno.
Nel 1954 Alan Turing si suicidò ingerendo una mela avvelenata con cianuro di potassio. La madre sostenne che il figlio, con le dita sporche per qualche esperimento chimico, avesse ingerito per errore la dose fatale di veleno : ma il verdetto ufficiale parlà senza invertezze di suicidio.
Apple nega che il suo logo,  una mela con il segno di un morso, abbia qualsiasi legame con la storia di Turing!

Nel gennaio 2013, importanti esponenti del mondo scientifico internazionale, tra cui il premio Nobel per la medicina Paul Nurse, il matematico e cosmologo Stephen Hawking, il matematico Timothy Gowers, il presidente del National Museum of Science, Douglas Gurr, l’astronomo Martin Rees, mandano una lettera aperta al Primo Ministro britannico David Cameron, intitolata « Pardon for Alan Turing », per sollecitare la grazia postuma per Turing, appello pubblicato dal Daily Telegraph.

Il 24 dicembre 2013 la regina Elisabetta II elargisce la grazia postuma per Alan Turing. Era tempo!

 

 

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il faut continuer de te parler, Leo

leo_laura

Il faut te parler Leo, continuer à le faire.
Ici c’est Livia qui le dit, puis Renato fera sa part quand il se sera habitué au fait qu’on est mortels
et toujours vivants…
Le jour où on est arrivé vous voir à la Chapellière, ça fait quelques années,
quelle tendresse éprouvée, pour la bouteille – chacun la sienne – d’eau minérale à côté du lit,
avec une fleur dans le verre.
Puis tes grands yeux pour suivre les mots et ton sourire,
de celui qui savait beaucoup sans devoir le dire.
Et l’histoire d’amour pour le prince Arnold, quand tu l’as racontée
j’ai pensé que Tolstoï n’aurait pu mieux décrire ce qu’est rêver d’un homme.
Je te l’ai murmuré une fois au téléphone, si tous les garçons étaient comme toi,
que la terre serait faite de merveilleux bavardages
ceux qui sont légers mais travaillent, peu à peu, les cœurs les moins souples.
Il faut qu’on t’imagine faire encore un film,
puis des voyages, puis des tableaux ;
puis parler, puis continuer à tomber amoureux de ton homme.
Il faut continuer à babiller entre nous les quatre vérités qu’on a découvertes
et dont l’essence est celle de ton sourire.
Ciao Leo, je t’entends et Renato, toujours en voyage, mais aujourd’hui avec le cœur trop serré,
te serre aussi dans ses pensées.

Livia et Renato

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courates

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Courate faite avec Greg, Nadia et Paolo.

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Courate faite avec Marion en novembre 2011

« L’éléphant ébloui ne sera jamais sans bagages. »
(Cadavre exquis envoyé par Leo dans une lettre datée du 28 août 1972).

Leo appelait « courates » les cadavres exquis graphiques exécutés avec ses amis. En voici quelques-uns faits avec Laura, Marion, Nadia, Paolo…
Voici la définition qu’il donnait de la courate :
« Quello che distingue un cadavre exquis da una ‘courate’ è che il primo si disegna ad occhi chiusi, l’altro cercando di giocare allo scoperto. »

« Ce qui distingue un cadavre exquis d’une ‘courate’ c’est que, pour le premier, on dessine en fermant les yeux, alors que pour l’autre on tente ouvertement de jouer. »

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Amicizia / Vicinanza

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Lettre d’Andrea Indellicati à Leo

Abbiamo vissuto insieme un tempo
racontandoci gli uni degli altri
in perfetta armonia,
forse senza averne piena coscienza.
Leo per me è stato la scoperta di una dimensione altra del fare arte,
la possibilità di costruire fratellanza e amicizia dal lampo di uno sguardo.
Quanto fossimo allora giovani e saggi,
sta nel ricordo delle sue mani e della sua voce,
delle pagliuzze d’oro nei suoi occhi di compagno,
nel suo coraggio che a volte mi faceva paura,
ed anche nella sua coscienza d’artista e di uomo.
Sono queste le mie parole, poca cosa dentro il buio
della perdita e della distanza materiale.
Ma credo che Leo continui ad andare per strade soffuse di luce e colore,
sorridendo a suo modo,
e lasciando consumare tra le sue dita il segno d’un altra sottile sigaretta.
Andrea

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Dessin de Leo pour Andrea Indellicati.

Nous avons vécu ensemble un temps,
nous racontant les uns des autres en parfaite harmonie,
peut-être sans en avoir pleinement conscience.
Leo, pour moi, a été la découverte d’une dimension autre de faire de l’art,
la possibilité de construire un lien fraternel et une amitié en l’éclair d’un regard.
Ce que nous étions alors, jeunes et sages,
tient dans le souvenir de ses mains et de sa voix,
des paillettes d’or dans ses yeux de camarade,
dans son courage qui parfois me faisait peur,
dans sa conscience d’artiste et d’homme.
Ce sont là mes mots, peu de chose dans l’obscurité
de la perte et de la distance matérielle.
Mais je crois que Leo continue d’aller par des chemins trempés de lumières et de couleurs,
souriant à sa manière,
et laissant, entre ses doigts, se consumer la braise d’une autre et mince cigarette.

Andrea

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amitiés / i tuoi amici

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Jacques Fillion, Jean-Luc Bourgeois, Dominique Comtat, Laura Franceschini, Edith Kleiber et Marie, Adriano Ensini, papillon, Rosaria Faccini.

Amicititre
ogni amico in più è un problema in più.
l’amica/o è la quiete ma anche la fine della pace.
continua delusione perché non ti capisce neanche lui, lei. loro.
o non la capisci tu, neanche tu.
si nun so’ matti non so’ amici mia.
gli amici sono un bel pensiero.
una preoccupazione, perché poi l’amico sta male
o è triste, disoccupato o soffre per amore
è malato o peggio ti tradisce, muore,
l’amica toglie la luce triste dalle cose dal mondo dalla vita.
permette di star da soli senza soffrire di solitudine.
l’amico è cittadino con te dell’immenso circuito
di simili sparsi pel mondo
movimento agrodolce-sovversivo a migliorare genti e pianeta.
una consolazione.
amico che ti avverte t’informa t’insegna
chi ti dice quanto ha da dire di fronte non alle spalle
chi non adopera per definirti le stesse parole
che un gendarme uno psichiatra o il capufficio.
etcetera

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chaque ami en plus est un problème en plus.
l’amitié est la quiétude mais aussi la fin de la paix.
continuelle déception parce qu’il ne te comprend pas lui non plus, ni elle, ni eux.
ou toi non plus ne le comprends.
s’ils ne sont pas fous, ce ne sont pas mes amis.
les amis sont un beau souci.
une préoccupation, parce qu’après l’ami n’est pas bien
ou il est triste, au chômage ou souffre de chagrin d’amour
il est malade ou pire il te trahit, il meurt.
l’amie ôte la lumière triste de sur les choses le monde la vie.
elle permet d’être seuls sans souffrir de solitude.

En haut, Raffaella Spagna et Andrea Caretto. En bas, Véronique Goël et Cléo Pace photographiées par Leo.


l’ami est avec toi citoyen de l’immense circuit
de tes semblables dispersés par le monde
mouvement aigre-doux/subversif pour rendre meilleurs les gens et la planète
une consolation.
ami qui t’avertit t’informe t’enseigne
qui te dit ce qu’il a à te dire de face non dans ton dos
qui n’use pas pour te définir des mêmes mots
qu’un gendarme un psychiatre ou le chef de bureau.
etc.

*Texte de Leo dans le film oggidunque, réalisé par Angiola Janigro &
Laura Franceschini, 2004.

la mounine…

Dans ce film, La Mounine, ou note après coup sur un ciel de provence (1997) (d’après le texte de Francis Ponge publié dans La rage
de l’expression
), la réalisatrice, Aline Horisberger, a demandé à Leo de faire un collage, et puis aussi de lire certaines pages du texte
de Ponge. Leo a également réalisé le générique du film.
Ce sont ces scènes que vous pouvez voir ici :

*Nous remercions Aline de nous avoir envoyé une copie VHS de son film 16mm et de nous avoir autorisée à en extraire les séquences
qui concernent Leo.